Pourquoi mettre en place un BJML (Besoin Journalier Minimum en Lits) ?

La saturation de l’aval des urgences (manque de lits d’hospitalisations) étant devenue une composante majeure de la saturation des SU, il est apparu nécessaire de mettre en place un indicateur (BJML) permettant aux établissements d’approximer, a minima, le nombre de lits d’hospitalisations nécessaire au quotidien pour répondre au mieux à la demande d’hospitalisations en provenance des urgences, et ainsi éviter une situation de tension en aval.

Est-RESCUE travaille actuellement à la mise à disposition de ce BJML pour 2019.

Comment est déterminé le BJML ?

Dans le cadre de ses travaux, l’ORU-PACA, a mis en place le BJML en 2017 à destination des SU situés en PACA. Travaillant en étroite collaboration avec ce dernier grâce à la FEDORU, Est-RESCUE s’est appuyé sur ces travaux pour élaborer le BJML sur le même principe, à destination des SU de la région Grand Est.

Le BJML s’appuie sur l’historique des RPU (Résumés de Passages aux Urgences) transmis par les établissements, notamment sur le mode de sortie des patients, permettant de déterminer le nombre d’hospitalisations quotidiennes : mutations (internes à l’hôpital) ou transferts (hors établissement).

Il a ensuite été déterminé que le BJML, calculé pour chaque semaine, serait le percentile 25, c’est-à-dire que 25 % des jours d’historique de chaque semaine ont un nombre d’hospitalisations  (et donc un besoin journalier en lits) inférieur au BJML, tandis que 75 % des jours d’historique de chaque semaine ont un nombre d’hospitalisations (besoin journalier en lits) supérieur à ce BJML, le BJML pouvant alors être considéré comme un seuil en deçà duquel l’établissement serait susceptible de se trouver en situation de tension en aval :

 

Peut-on se fier au BJML ?

Le BJML, s’appuyant sur l’historique des données RPU (mode de sortie), il est important de prendre du recul sur l’interprétation de cet indicateur, qui peut être minoré, pour plusieurs raisons :

  • La qualité du remplissage du champ « mode de sortie » 
  • Les dysfonctionnements techniques pouvant entraîner une mauvaise remontée du champ “mode de sortie”
  • L’augmentation importante du nombre d’hospitalisations après passage aux urgences, constatée sur les années d’historique utilisées pour déterminer le BJML

Toutes ces problématiques conduisent à rappeler que la mise à disposition d’indicateurs, d’outils d’aide à la décision, d’analyses de qualité, dépendent de la saisie réalisée par les utilisateurs.

Un SU, ayant connaissance d’un souci technique, d’une mauvaise qualité ou d’un mauvais remplissage de certains champs de ses données RPU, devra prendre du recul sur l’interprétation qui en est faite.